Mue forcée de la volaille
Position
« L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) s’oppose à l’induction de la mue par des méthodes selon lesquelles les animaux sont privés d’eau et de nourriture ou selon d’autres méthodes qui soumettent les oiseaux à un stress excessif ou accru. »
Contexte
En production commerciale, la mue forcée implique une certaine combinaison de restrictions de l’apport énergétique quotidien et de modifications de l’exposition à la lumière qui cause la régression et la régénération du système reproducteur chez les poules pondeuses en fin de cycle et chez les troupeaux de volaille d’élevage. Cela s’accompagne par une perte marquée de plumage et son remplacement. La privation de nourriture cause une perte de poids moyenne de 30 % par poulet et un taux de mortalité de 1,2 % (1,2). À l’achèvement de la mue forcée, la production subséquente d’œufs se rapproche de celle des jeunes poules sans toutefois l’égaler. Durant la ponte renouvelée après la mue, les œufs sont de plus grosse taille et la qualité des coquilles est améliorée par rapport à la production des troupeaux avant la mue.
Même si la mue forcée procure certains avantages pour le bien-être des animaux quant au nombre total réduit d’animaux utilisés, les techniques faisant appel à la privation de nourriture et d’eau affectent négativement le bien-être des poules pondeuses (3) et augmente l’excrétion de certaines bactéries Salmonella spp (4). Les méthodes visant à réduire la présence de stress tout en conservant l’involution souhaitée du système reproducteur font activement l’objet de recherches (5, 8).
L’utilisation de la mue forcée est rare au Canada. Les producteurs de volaille au Canada n’appuient pas la mue forcée causée par la privation de nourriture ou d’eau (9).
Bibliographie
1. BELL, D.D. «Historical and current molting practices in the U.S. table egg industry», Poultry Sci, 2003, vol. 82, p. 965-970;
2. BERRY, W.D. «The physiology of induced molting», Poultry Sci, 2003, vol. 82, p. 971-980;
3. MCCOWAN, B., J. SCHRADER, A.M. DILORENZO, C. CARDONA et D. KLINGBORG. «Effects of induced molting on the well-being of egg-laying hens», J Appl Anim Wel Sci, 2006, vol. 9, no 1, p. 9-23;
4. GOLDEN, N.J., H.H. MARKS, M.E. COLEMAN, C.M. SCHROEDER, N.E. BAUER et W.D. SCHLOSSER. «Review of induced molting by feed removal and contamination of eggs with Salmonella enterica serovar Enteritidis», Vet Micro, 2008, vol. 131, p. 215-228;
5. KOELKEBECK, K.W. et K.E. ANDERSON. «Molting Layers - alternative methods and their effectiveness», Poult Sci, 2007, vol. 86, p. 1260-1264;
6. KOCH, J.M., D.C. LAY JR., K.A. MCMUNN, J.S. MORITZ et M.E. WILSON. «Motivation of hens to obtain feed during a molt induced by either feed withdrawal, wheat middlings or melegestrol acetate», Poult. Sci, 2007, vol. 86, p. 614-620;
7. KOCH, J.M., J.S. MORTIZ, D.C. LAY JR. et M.E. WILSON. «Effects of melengestrol acetate as an alternative to induce molting in hens and on the expression of yolk proteins and turnover of oviductal epithelium», Anim Repro Sci, vol. 102, 2007, p. 14-23;
8. GULDE, V.A.L., R. RENEMA et G.Y. BÉDÉCARRATS. «Use of dietary thyroxin as an alternate molting procedure in turkey breeder hens», 2008, Poultry Science Association Annual Meeting, p.37-38 (résumé);
9. AGRICULTURE ET AGROALIMENTAIRE CANADA. Code de pratiques recommandées pour le soin et la manipulation des animaux de ferme : Poulets, dindons et reproducteurs du couvoir à l’abattage, 2003. Disponible auprès des Producteurs de poulet du Canada. 1007-350, rue Sparks, Ottawa (Ontario) K1R 7S8.
(Révisé en juin 2009)