Chasse aux phoques dans la région atlantique du Canada
Position
« L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) accepte la chasse des phoques seulement si elle s’effectue d’une manière humanitaire et durable. (Des recommandations particulières sont présentées dans la section « Contexte » ci-dessous). Sans égard à la méthode d’abattage, avant que l’animal ne soit traîné ou saigné, l’ACMV insiste pour que le chasseur vérifie que le crâne a été fracassé en le palpant afin de s’assurer que l’animal est bien mort.
L’ACMV croit que l’application complète du Règlement sur les mammifères marins de la Loi sur les pêches représente un élément nécessaire d’une chasse humanitaire et elle appuie également la surveillance permanente de la chasse par les observateurs indépendants afin de vérifier le respect de l’utilisation appropriée des méthodes d’abattage.
L’ACMV préconise la formation obligatoire des chasseurs de phoques et la délivrance de permis à ces derniers en ce qui a trait au traitement humanitaire des phoques. »
Contexte
Les jeunes phoques du Groënland, qui sont âgés d’environ trois à quatre semaines, représentent 90 % ou plus des prises commerciales dans les eaux canadiennes. Ces phoques sont sevrés environ douze jours après la naissance et ont perdu leur fourrure blanche de nouveau-né (« blanchons ») lorsqu’ils sont chassés, même s’ils continuent de passer la majorité de leur temps à se reposer sur les banquises. Ces animaux possèdent des crânes particulièrement minces qui peuvent être complètement fracassés par un ou plusieurs vigoureux coups de hakapik (longue massue). Par conséquent, l’ACMV considère qu’il s’agit d’une méthode rapide, efficace et humanitaire de tuer les jeunes phoques si elle est mise à exécution de manière appropriée.
Particulièrement, l’ACMV recommande que, lorsqu’un hakapik est utilisé, l’on frappe vigoureusement le crâne de chaque phoque au moins à trois reprises afin d’assurer la destruction complète des deux hémisphères cérébraux. Lorsque des carabines sont utilisées, l’ACMV appuie le Règlement sur les mammifères marins actuel qui précise une vélocité minimale et l’énergie des balles qui peuvent être utilisées lors de la chasse, car il est plus probable que les balles respectant ces normes tuent un animal même si elles n’atteignent pas directement le cerveau, comparativement à des balles ayant des valeurs inférieures pour la vélocité et l’énergie. Sans égard à la méthode d’abattage, l’ACMV déclare fermement que le chasseur doit vérifier que le crâne est fracassé en le palpant afin de s’assurer que l’animal est mort avant de le traîner avec un harpon ou de le saigner.
L’ACMV s’oppose au tir des phoques dans l’eau car cette méthode peut se traduire par un taux inadmissible de pertes d’animaux à certains moments de l’année (3). De plus, dans certaines régions de la côte Atlantique, les chasseurs de subsistance s’appuient sur l’utilisation de filets lancés à l’eau afin d’attraper et de noyer les animaux. L’ACMV s’oppose à cette méthode de chasse, car la noyade est considérée comme une mort lente et donc inhumaine.
L’ACMV croit que la récolte des populations de phoques doit se faire d’une manière durable, selon une approche prudente. L’ACMV n’appuie une récolte annuelle de phoques qui dépasse le taux de remplacement de cette population (qui se définit comme le nombre de prises ne réduisant pas la population totale l’année suivante) (4). Compte tenu des préoccupations de l’ACMV au sujet de la santé et du bien-être des populations animales, ainsi que des animaux individuels, il est essentiel de continuer de mener des études sur les populations.
Bibliographie
· « Règlement sur les mammifères marins, Loi sur les pêches, SOR/93-56 », La Gazette du Canada, partie II, vol. 127, no 4, 1993, 18 p. (articles 28, 29).
· DAOUST, P.-Y., A. CROOK, T. BOLLINGER, K. CAMPBELL et J. WONG. « Animal welfare and the harp seal hunt in Atlantic Canada », Can Vet J, 2002, vol. 43, p. 687-694.
· SJARE, B. et G.B. STENSON. « Estimating struck and loss rates for harp seals (Pagophilus groenlandicus) in the Northwest Atlantic », in Marine Mammal Science, 2002, vol. 18, p. 710-720.
· HAMMILL, M.O. et G.B. STENSON. Plan de gestion du phoque du Groënland pour 2003-2006 à partir de simulations de récolte. Document de recherche du Secrétariat canadien de consultation scientifique 2003/068, Pêches et Océans Canada. http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/csas/publications/resdocs-docrech/2003/2003_068_f.htm
· GROUPE DE TRAVAIL DE VÉTÉRINAIRES INDÉPENDANTS. Amélioration des méthodes d’abattage sans cruauté des phoques du Groënland du Canada, août 2005, www.ivwgonline.org.
(Adopté en novembre 2005)