Castration des chevaux, des ânes et des mulets
Position
« L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) considère la castration des chevaux, des ânes et des mulets comme une intervention qui devrait seulement être réalisée par un vétérinaire, en utilisant des techniques chirurgicales, anesthésiques et analgésiques appropriées. La castration des chevaux, des ânes et des mulets est une intervention non urgente comportant un risque considérable pour l’animal. L’ACMV encourage les autorités réglementaires provinciales à considérer la castration des chevaux, des ânes et des mulets comme une intervention vétérinaire et d’établir des règlements en conséquence. En outre, une castration équine sans anesthésie est considérée comme un acte de cruauté envers les animaux. »
Contexte
Chez les chevaux, les ânes et les mulets (équidés), à la naissance, les testicules sont retenus dans les anneaux inguinaux pour la plupart des animaux et peuvent ne pas descendre dans le scrotum pendant plusieurs mois, ce qui empêche la castration néonatale (1,2).
La castration des équidés constitue une intervention chirurgicale invasive majeure présentant des risques considérables de complications postchirurgicales. La chirurgie est souvent effectuée dans l’intérêt du propriétaire et pour faciliter la gestion de l’animal. Les chirurgies non urgentes des animaux dans l’intérêt des humains comportent la plus haute obligation morale sur le plan du professionnalisme et des méthodes humanitaires, incluant l’atténuation de la douleur.
Il n’y a pas d’information disponible sur les taux de complication pour la castration équine par les non-vétérinaires. Il a été rapporté que la castration équine effectuée par des vétérinaires spécialistes dans des conditions sur le terrain comporte un taux de complications de plus de 20 %, allant d’une enflure légère à l’éviscération, une affection mortelle si elle n’est pas traitée (3,4).
Il est essentiel de procéder à un examen vétérinaire avant la chirurgie afin d’établir l’anatomie normale du scrotum et de localiser les testicules, ce qui peut exiger une sédation et/ou l’anesthésie générale chez les animaux réfractaires. L’intervention chirurgicale devrait être effectuée dans un emplacement propice à la mise en œuvre des procédures chirurgicales habituelles et le patient devrait avoir droit aux préparatifs préopératoires appropriés (1,2).
Le recours aux méthodes physiques ou aux relaxants musculaires comme seule forme de retenue pour la castration équine est considéré comme de la cruauté envers les animaux. Un protocole médicamenteux qui contrôle la douleur à l’aide de médicaments analgésiques représente une composante essentielle de ces interventions chirurgicales non urgentes chez le cheval (5).
En raison de la forte probabilité de complications postchirurgicales, il est essentiel qu’un préposé au bétail compétent assure une surveillance postchirurgicale attentive. Le vétérinaire devrait fournir des renseignements appropriés sur les soins postopératoires se rattachant à cette intervention.
Bibliographie
1. GREEN, P. « Castration techniques in the horse », In Practice, 2001, vol. 23, p. 250-260;
2. SEARLE , D., A.J. DART, C.M. DART et D.R. HODGSON. « Equine castration: review of anatomy, approaches, techniques and complications in normal cryptorchid and monorchid horses », Aust Vet J, 1999, vol. 77, p. 428-433;
3. MOLL, D.H., K.D. PELZER, R.S. PLEASANT et P.D. MODRANSKI. « A survey of equine castration complications », J Equine Vet Sci, 1995, vol. 15, p. 522-526;
4. SHOMAKER, R., J. BAILEY, E. JANZEN et D.G. WILSON. « Routine castration in 568 draught colts: incidence of evisceration and omental herniation », Equine Vet J, 2004, vol. 36, no 4, p. 336-340;
5. MUIR, W.W. « Pain therapy in horses », Equine Vet J, 2005, vol. 37, no 2, p. 98-100.
(Adopté en mars 2006)