Le mentorat n’a jamais été aussi important au sein de la profession vétérinaire

3 avr., 2025

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Il y a un certain nombre d’années (les vétérinaires ayant beaucoup d’expérience s’en souviendront), le « mentorat » signifiait obtenir les clés du véhicule de la pratique, une carte pour payer l’essence et une carte routière de la région. Ce n’était pas adéquat à l’époque, et ce serait terriblement insuffisant aujourd’hui.

La profession vétérinaire offre une gamme de services sans précédent, nos clients sont de plus en plus exigeants (avec le Dr Google toujours accessible en quelques clics) et de nombreuses pratiques manquent de personnel. Les vétérinaires qui amorcent leur carrière ressentent souvent un mélange d’exaltation et de trépidation, et leur offrir le soutien d’un programme de mentorat solide devrait être une priorité. En effet, le manque de mentorat est cité comme un facteur important par ceux qui quittent leur premier emploi (1). Un récent sondage mené par l’American Animal Hospital Association (AAHA) révèle que plus de 30 % des vétérinaires envisagent de changer d’emploi, motivés notamment par le désir d’un meilleur épanouissement professionnel (1). Le mentorat s’avère essentiel pour le recrutement de nouveaux médecins vétérinaires et pour la rétention des professionnels déjà en poste. Le mentorat est typiquement bénéfique pour les personnes qui ont récemment obtenu leur diplôme, celles qui reprennent la pratique après une longue période d’absence, et celles qui réorientent leur carrière (qui changent de domaine de pratique ou qui aspirent à un rôle de gestionnaire, par exemple) (2).

Un programme de mentorat fructueux comporte trois éléments clés : des attentes claires, un plan d’action et une bonne communication (1). Autrement dit, le mentor et le mentoré doivent discuter pour bien comprendre les besoins et les possibilités, établir un plan d’action qui décrit les objectifs, l’horizon temporel et les ressources requises, et s’engager à communiquer honnêtement et ouvertement. Il peut être utile de rédiger une entente décrivant le programme de mentorat, de planifier des réunions périodiques et de tenir ces réunions à l’extérieur de la clinique afin de réduire au minimum les interruptions (1). La confidentialité, des limites bien définies et une rétroaction régulière (dans les deux sens) sont d’autres éléments très importants (2).

Le mentor et le mentoré doivent tous deux contribuer au succès du mentorat, et devraient s’attendre tous deux à en tirer des avantages. Être un bon mentor peut procurer un sentiment de contribution et de satisfaction (2), sans compter que le mentor acquiert presque inévitablement de nouvelles connaissances dans le processus.

Même si le mentor donne souvent des conseils, dans certains cas, il peut agir comme un coach, discuter de diverses situations avec le mentoré et l’accompagner dans sa réflexion visant à trouver des solutions. Certains estiment que le fait de permettre à une personne d’identifier et de résoudre ses propres problèmes rend la résolution plus probable (2).

Dans sa forme classique, le mentorat en médecine vétérinaire est axé sur les compétences cliniques, en particulier pour les nouveaux diplômés qui ont beaucoup de connaissances mais manquent d’expérience pratique (3). Toutefois, un bon mentorat couvre également la communication, le leadership et le bien-être personnel – des aspects de la profession dans lesquels de nombreux vétérinaires en début de carrière manquent d’assurance (3). Un médecin vétérinaire ayant une longue expérience d’accompagnement de collègues débutants a d’ailleurs déclaré que 90 % des sujets abordés avec ses mentorés n’étaient pas de nature clinique mais avaient tout de même un impact important sur leur vie professionnelle (2).

Plusieurs vétérinaires d’une même clinique peuvent jouer le rôle de mentor auprès d’un même mentoré, et un mentoré peut avoir plus d’un mentor. Un tel « mentorat mosaïque » peut être très utile, car les connaissances, compétences et approches varient d’un mentor à l’autre. Par exemple, un mentor peut se concentrer sur la chirurgie, un autre sur la médecine interne, et un troisième sur la communication et les interactions avec les clients. Bien que le fait d’avoir un collègue de la même pratique comme mentor soit très courant, un mentor peut aussi travailler dans une autre clinique ou le mentorat peut s’effectuer à distance (différents types de services de mentorat virtuel sont disponibles). Nous vous invitons à consulter le site Web de l’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV), qui comporte une section sur le mentorat avec plus de 15 documents à télécharger ainsi que des liens vers deux ressources en ligne (4). De plus, l’ACMV a récemment lancé la version pilote d’un nouveau programme de mentorat (5).

Compte tenu de la complexité de notre profession, des exigences et des attentes des clients, et des défis liés à l’embauche et à la rétention du personnel, le mentorat n’a jamais été aussi important. La capacité d’offrir un mentorat de qualité est un élément clé de la gestion réussie d’une pratique vétérinaire. Cet éditorial est axé sur le mentorat des médecins vétérinaires, mais le mentorat des techniciens et techniciennes en santé animale (TSA) et d’autres membres du personnel des cliniques vétérinaires présente des avantages indéniables. N’hésitez pas à profiter des nombreuses ressources disponibles.

-John Kastelic
-Tim Ogilvie